Le vendredi 03 octobre s’est tenue l’Assemblée Générale de la FNEC-FP-FO de Dordogne en présence de 80 adhérents, sous la présidence de notre secrétaire général Clément Poullet et en présence de notre secrétaire général de l’UD-FO Dordogne, Pierre Courrèges-Clercq. Etaient représentés six syndicats de notre fédération : le SNUDI-FO (syndicat du premier degré), le SNFOLC (syndicat du second degré), le SNETAA-FO (syndicat du second degré professionnel), le SPASEEN-FO (syndicat des personnels administratifs), l’AFPA (syndicat de la formation professionnelle), ID-FO (syndicat des personnels de direction).

Lors de cette assemblée générale, chaque syndicat a pu exposer les difficultés inhérentes à chaque secteur, difficultés qui se sont accentuées avec les différentes politiques d’austérité et contre-réformes successives.

A cette occasion, nous avons rappelé notre opposition à ces politiques d’austérité qui font payer la crise aux salariés et plus démunis. Nous avons aussi rappelé notre opposition aux modalités d’actions qui se résument à des journées d’actions et des grèves saute-moutons, à travers la résolution ci-dessous.

 

 

Résolution de l’Assemblée Générale de la FNEC FP-FO Dordognedu vendredi 03 octobre 2025s 

I- Une rentrée sous tension

L’Assemblée Générale constate que cette rentrée 2025 est encore plus catastrophique que jamais :

  • La multitude des contre-réformes n’a eu de cesse de rogner notre bien-être au travail, en témoigne le nombre croissant de fiches Santé-Sécurité au Travail.

  • Le manque de personnels sur tous les niveaux et dans toutes les disciplines, le manque d’infirmières scolaires, de Psy-EN, d’assistantes sociales, de CPE, d’AED, d’AESH, de médecins scolaires, de personnels administratifs et de personnels de direction mettent sous tension les établissements scolaires.

  • L’inclusion systématique à marche forcée et sans les moyens nécessaires, liée à la destruction des établissements sociaux et médico sociaux et de l’enseignement spécialisé se traduit par une augmentation considérable d’élèves avec notification de la MDPH (+17%) et d’élèves en situation de handicap en classe (+9%). Cela entraine des situations ingérables aussi bien pour les personnels que pour les usagers.
  • L’augmentation des effectifs par classe dans le Premier comme dans le Second degré (par exemple des classes de grandes sections à 30 y compris parfois sur des triples niveaux, des classes en lycée à 35…) détériore nos conditions de travail et donc les apprentissages.
  • La multiplication des conflits avec la hiérarchie, des tensions entre agents au sein des établissements ou des RPI, les pressions constantes des parents accentuent la maltraitance des personnels.
  • Tout cela entraine une perte de sens de nos missions, un épuisement, et de la colère chez nous tous. En témoigne le nombre d’arrêts maladies qui explose. Les attaques contre les droits des fonctionnaires par le maintien d’un jour de carence et la baisse des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale depuis le 1er avril 2025 ont rajouté à la détresse professionnelle la précarité financière.

II- Des outils à utiliser de manière systématique

Face à la multitude des problèmes, partout dans le département et afin de trouver des solutions, nous encourageons vivement les collègues à utiliser l’outil statutaire indispensable pour signaler toute situation ou tout événement susceptible de porter atteinte à la santé, l’intégrité physique ou morale des agents, à savoir la rédaction de fiche SST. La démocratisation de l’utilisation de ces outils est primordiale pour permettre à nos représentants de nous défendre dans les instances départementales, notamment en Formation Spécialisée en matière de Santé, Sécurité et Conditions de Travail (F3SCT) où nous siégeons.

  • Tout incident mettant en jeu sa santé – physique comme mentale –, sa sécurité et qui dégrade les conditions de travail doit faire l’objet d’une fiche SST. Que ce soit du fait de la hiérarchie, de parent d’élèves, d’élèves voire d’un collègue.
  • En plus des fiches SST, nous demandons aux collègues de discuter avec leur direction afin que les violences verbales ou physiques, les intrusions dans les écoles, les dégradations et les menaces de parents fassent l’objet systématique d’une saisie sur l’application “Faits établissement” de niveau 2 pour que la situation soit transmise directement à l’IA-DASEN.

Enfin, nous sommes de plus en plus nombreux à Force Ouvrière et nous nous engageons à nous soutenir et à diriger tout collègue en difficulté vers notre organisation syndicale afin qu’il ou elle soit prise en charge le plus rapidement possible.

 

III- De la nécessité des actions collectives

De manière plus large, l’Assemblée Générale rappelle que la seule solution qui s’offre à nous est d’agir collectivement sur les maux qui touchent nos professions. Elle réaffirme que la grève est un outil incontournable afin d’obtenir satisfaction des revendications et pour mettre un coup d’arrêt aux réformes délétères, injustes et électoralistes des gouvernements qui se succèdent actuellement à un rythme effréné. Seulement cette grève doit s’inscrire dans la durée et jusqu’à satisfaction des revendications suivantes :

  • Abrogation de la réforme des retraites ! Retour à 60 ans de l’âge de départ à la retraite avec 37.5 annuités de cotisation !
  • Augmentation des traitements sans contreparties, 10% d’augmentation de la valeur du point d’indice tout de suite !
  • Abandon du jour de carence et rétablissement à 100 % du traitement.
  • Abrogation de toutes les contre-réformes : du “choc des savoirs”, du Bac Blanquer, de Parcoursup et de la réforme Grandjean de la voie professionnelle.
  • Arrêt immédiat des suppressions de postes et création de postes nécessaires, notamment pour combattre la surcharge des classes. Nous rappelons que 330 000 collègues partent à la retraite d’ici à 2030 et qu’il faut tous les remplacer.
  • Titularisation de tous les contractuels en CDI qui le souhaitent, et transformation des CDD en CDI bien plus rapidement.
  • Mise en place d’un statut de fonctionnaire pour les AESH, avec un temps plein à 24h et une augmentation salariale sans délai.
  • Abandon de l’acte 2 de l’école inclusive et du passage en force des nouveaux dispositifs (PIAL, PAS) jugés déstabilisant pour les personnels et les élèves en situation de handicap. Nous réclamons aussi davantage de moyens pour les établissements spécialisés qui accueillent les enfants à besoin particulier.
  • Création d’un statut de fonctionnaire pour les AED afin de sortir les collègues de la précarité, prise en compte de leurs frais de repas et revalorisation de leur salaire sur la base d’une grille indiciaire. En milieu rural, le recrutement des AED est de plus en plus difficile.
  • La FNEC-FP FO demande le financement de l’Etat, la réévaluation du coût de ses missions de services publics, l’arrêt du démantèlement de l’agence, par la session d’immobilier, la suppression de l’hébergement et de la restauration, utiles aux bénéficiaires. La prise en compte du rapport KOREIS sur les coûts évités, qui justifie que lorsque l’Etat investit un euro dans l’AFPA, cela lui rapporte plus. Financer l’AFPA c’est un devoir de l’Etat.

L’Assemblée Générale se félicite de la décision du CCN (Comité Confédéral National) de réfléchir aux modalités de la mise en place de cette mobilisation par la grève reconductible et jusqu’à satisfaction des revendications. Elle mandate – à nouveau – les instances nationales pour qu’elles proposent et trouvent un accord avec d’autres organisations syndicales afin de tirer un trait sur les appels à la grève “saute-moutons”, souvent contre-productives. Si le Projet de Loi de Finances 2026 impacte encore nos professions nous demandons à ce que la rentrée de janvier 2026 ne se fasse pas.

 

Pour soutenir notre mandat et notre travail, une seule solution