Caricature montrant une main du jeu des sept familles avec des objets et un AED.

Les AED (Assistants d’Éducation) bénéficient d’un entretien professionnel annuel prévu à l’article 1 quater du décret n°2003-484 modifié du 6 juin 2003. Cet article renvoie aux dispositions de l’article 1-4 du décret n°86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l’État. Enfin, la circulaire du 20 octobre 2016 modifie en profondeur l’entretien professionnel des AED en CDD ou CDI.

L’organisation générale de l’entretien professionnel

L’entretien professionnel ne concerne l’AED que si la durée de son contrat est d’au moins un an. L’agent doit être informé, sous forme de convocation écrite, au moins 8 jours à l’avance, de la date, de l’heure et du lieu de l’entretien. D’après la circulaire de 2016, un AED doit bénéficier d’un entretien professionnel au moins une fois tous les trois ans.

L’entretien professionnel est un moment privilégié de dialogue pour évaluer la manière de servir de l’AED et pour échanger sur son parcours professionnel. Il a pour objectif de mieux comprendre sa contribution au fonctionnement collectif et d’envisager l’évolution de ses activités et ses compétences. Le compte-rendu peut être un moyen de valoriser sa candidature dans le cadre d’une évolution professionnelle. Il sera versé au dossier de l’assistant d’éducation. 

L’entretien est conduit par le responsable hiérarchique direct, c’est-à-dire celui qui a organisé et contrôle le travail de l’agent. Il s’agit du chef d’établissement. Cet entretien ne peut pas être délégué ni accompagné. Le chef d’établissement ne peut pas non plus être accompagné d’un CPE ou de son adjoint.

Les critères d’appréciation au regard de l’emploi occupé

Les critères sont répartis en critères d’appréciation :

  • Les compétences professionnelles et la technicité ;
  • La contribution à l’activité du service ;
  • Les capacités professionnelles et relationnelles ;

Afin d’évaluer :

  • La posture générale ;
  • Le positionnement face aux élèves et la relation avec les élèves ;
  • L’aptitude au travail en équipe ;
  • La capacité de surveillance et de mise en sécurité des élèves ;
  • La qualité du travail administratif et du suivi des élèves.

Le bilan de la période écoulée

En tant qu’agent évalué, l’assistant d’éducation doit pouvoir s’exprimer sur ses missions et ses activités. L’entretien fera le point à la fois sur les motifs de satisfaction et les éventuelles difficultés rencontrées au cours de la période passée pour réaliser les tâches qui lui sont confiées. Par son questionnement, l’évaluateur aidera l’assistant d’éducation à dresser un bilan équilibré de la période écoulée.

L’objectif de cette première phase vise à reconnaître les efforts accomplis et à mieux cerner les sources des difficultés rencontrées : organisation du travail, définition du poste, compétences mises en œuvre, relations hiérarchiques, cohésion de l’équipe, comportement et motivation de l’agent.

Les perspectives pour l’avenir

L’évaluation apporte ensuite un éclairage sur les enjeux de l’année à venir, les réformes attendues, la mise en œuvre de la politique académique, du projet d’établissement et l’évolution prévisible des tâches. Un échange s’opère sur les voies et moyens d’une meilleure organisation générale de l’équipe.

En lien avec le contexte, le responsable hiérarchique présente les objectifs collectifs et la contribution qu’il attend de l’assistant d’éducation en fixant des objectifs personnels, concrets et réalistes. Dans ce cadre, seront organisées les éventuelles délégations de responsabilités.

Les perspectives de carrière et les besoins de formation

Que ce soit pour remédier aux difficultés rencontrées dans l’accomplissement des tâches, pour atteindre les objectifs précédemment négociés ou dans une perspective d’évolution professionnelle ou personnelle, le responsable hiérarchique et l’assistant d’éducation pourront évaluer l’impact des formations suivies, dresser un état des compétences acquises et déterminer les besoins de formation à venir.

Avec le responsable hiérarchique l’assistant d’éducation pourra évoquer, enfin, les perspectives d’évolution professionnelle possibles et souhaitées, que ce soit en termes d’accroissement des responsabilités ou de réorientation professionnelle.

En ce qui concerne la réorientation professionnelle il existe deux possibilités :

  • Le crédit d’heures mais aussi votre emploi du temps ont pour objectif deconcilier au mieux la poursuite d’études supérieures ou une formation professionnelle et les fonctions d’assistant d’éducation. Ce crédit d’heure n’est pas de droit. Il est conditionné à l’accord du chef d’établissement. Le SNFOLC 24 vous conseille de formuler votre demande en début d’année afin qu’il puisse être pris en compte dans l’organisation du service. Il est nécessaire de présenter l’attestation d’inscription à cette formation, un projet de formation précisant le volume d’heures annuel, et le cas échéant, les contraintes spécifiques (lieu de formation distant, stage obligatoire…). L’attribution s’effectue selon la quotité de service dans la limite de 200 heures annuelles pour un temps complet et 100 heures par an pour un mi-temps.

  • un AED en CDD ou en CDI peut aussi envisager de demander une VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) pour obtenir des diplômes de l’enseignement afin de passer les concours pour devenir enseignant. La VAE permet de faire reconnaître l’expérience acquise dans le domaine de l’éducation et de valider un diplôme comme la licence en sciences de l’éducation (bac +3), le master MEEF (bac +5) ou d’autres diplômes liés à l’enseignement. Pour cela, il faut justifier d’au moins un an d’expérience significative dans l’enseignement ou les missions proches (AED en fait partie). A partir de la rentrée 2026, il y aura la même possibilité avec la licence pluridisciplinaire préparatoire au professorat des écoles (LPPE) et pour la licence disciplinaire (bac +3) maintenue pour la préparation aux concours du second degré.

Rédaction et signature du compte-rendu

Suivant votre contrat l’organisation diffère :

  • AED en CDD : La rédaction et la signature du compte-rendu relèvent de la gestion de l’établissement d’affectation, sous l’autorité du chef d’établissement.
  • AED en CDI : La campagne d’évaluation est lancée par la Division des Personnels Enseignants – DP du rectorat qui fixe le calendrier et les modalités. Cette procédure s’inscrit dans le cadre fixé par la note de service annuelle de la DP relative à l’entretien professionnel des AED en CDI.

Après l’entretien, l’évaluateur établit et signe le compte-rendu de l’échange. L’évaluateur porte le compte-rendu à la connaissance de l’AED qui le complète, le cas échéant, de ses observations, sans le signer, et qui le remet à l’évaluateur. Le compte-rendu est ensuite transmis par le chef d’établissement au rectorat de la Division des Personnels pour visa du recteur qui peut formuer des observations. Le compte-rendu est retourné pour signature de l’agent. Le chef d’établissement communique le compte-rendu au recteur d’académie (DP), pour versement au dossier de l’agent.

La signature par l’agent est obligatoire. Cette signature ne signifie par que l’agent valide les remarques portées dans le compte-rendu d’entretien mais qu’il en a pris connaissance. Vous pouvez demander la révision de ce compte-rendu dans un délai de 15 jours à compter de la date de notification. Si rien n’a changé vous pouvez saisir la Commission consultative paritaire et/ou le Tribunal administratif. Dans ces cas, nous vous conseillons de prendre contact avec le SNFOLC de Dordogne.

Un entretien professionnel pour quoi faire ?

On peut légitimement s’interroger sur la fonction d’une telle évaluation. Alors qu’elle est censée permettre d’envisager une évolution professionnelle, dans les faits elle ne débouche sur aucune augmentation de salaire puisque celui des AED est bloqué au SMIC. Finalement cette évaluation sert surtout à justifier un renouvellement de contrat, une fin de contrat ou un refus de CDI.

Cela s’apparente donc souvent à un entretien d’embauche à l’envers qui laisse les AED mécontents du peu de reconnaissance professionnelle dont témoigne un tel dispositif.

Entretien et non-renouvellement du contrat : cet entretien professionnel ne peut pas être confondu avec un entretien préalable au non-renouvellement de votre contrat ! C’est la même chose en ce qui concerne la procédure de licenciement. Dans le cas d’un entretien pour un non-renouvellement de contrat vous DEVEZ être accompagné. Dans ce cas-là, n’y allez pas seul, appelez-nous immédiatement! 

Si vous êtes AED en Dordogne, nous pouvons vous aider.

Le SNFOLC 24 est un syndicat du second degré qui défend les personnels dont les AED de Dordogne.

Pour nous contacter vous pouvez :

  • Envoyer un mail au snfolc24@yahoo.fr
  • Téléphoner au 06 30 71 25 49 ou au 07 88 95 31 19