Nos délégués du SNUDI 24 ont été interpellés par des collègues contractuels. Ces derniers ont tous reçu un avis de non-revoullement de leur contrat pour la rentrée 2026-2027. Nous avons demandé des garanties mais aucune réponse ne nous est parvenue pour le moment. Notre courriel s’est donc transformé en communiqué de presse.

L’Éducation nationale organise la précarité et fragilise les écoles
En Dordogne, 53 enseignants contractuels du premier degré ont reçu, par courrier recommandé à leur domicile, la notification du non-renouvellement de leur contrat pour la rentrée 2026. Il ne s’agit pas de quelques situations individuelles : c’est l’intégralité des enseignants contractuels actuellement en poste dans le département qui est concernée.
Après avoir assuré pendant plusieurs années le fonctionnement des écoles, remplacé les enseignants absents, pris en charge des classes parfois difficiles et répondu aux besoins urgents de l’institution, ces collègues sont aujourd’hui écartés.
Cette décision illustre une conception profondément utilitariste du personnel enseignant : lorsque l’administration manque de bras, les contractuels sont recrutés dans l’urgence ; lorsqu’une nouvelle politique de recrutement est mise en place, ils deviennent une variable d’ajustement. La réforme ministérielle des concours enseignants provoque un plan social massif à l’échelle nationale.
Des personnels pourtant indispensables
Depuis plusieurs années, les enseignants contractuels permettent à l’Éducation nationale de faire face à la crise du recrutement. Ils ont accepté des affectations parfois éloignées de leur domicile, découvert le métier sans formation suffisante et assumé les mêmes responsabilités que leurs collègues titulaires devant les élèves et les familles.
Leur engagement a permis de maintenir le service public d’éducation dans de nombreuses écoles rurales du département. Aujourd’hui, l’inspection n’a d’autre choix que de leur signifier brutalement leur non-reconduction. Cette situation est d’autant plus choquante que beaucoup d’entre eux ont acquis une expérience professionnelle précieuse et souhaitaient poursuivre leur engagement au service des élèves.
Cette vague de non-renouvellements intervient dans le contexte de la réforme du recrutement des professeurs des écoles, avec l’organisation de concours de recrutement au niveau Licence 3 (L3) et Master 1 (M1). L’inspection doit réserver un nombre important de postes (berceaux) à des fonctionnaires stagiaires issus de ces nouveaux concours.
Des conséquences prévisibles pour les écoles de Dordogne
Qui assurera les remplacements ? Les enseignants contractuels représentent aujourd’hui une part importante des moyens de remplacement notamment en ce qui concerne des arrêts longs. En plus de limiter les capacités de remplacement, cela va avoir un impact sur les collègues titulaires. Lorsqu’un collègue est absent, et s’il n’y a pas de remplaçant, les élèves sont
dispatchés dans les autres classes. Cela va entraîner une dégradation des conditions d’apprentissage et des conditions de travail des collègues. Cela risque également d’entraîner des tensions entre pairs. Aussi, si un chargé d’école (école à une classe) ne peut pas être remplacé, son droit à absence sera-t-il remis en question ?
Une pression supplémentaire pour les directrices et les directeurs d’écoles
L’accueil massif de fonctionnaires stagiaires implique un accompagnement quotidien important. Or, rien n’est prévu pour les directrices et directeurs d’école qui devront :
• accueillir plusieurs stagiaires simultanément ;• accompagner leur prise de fonction ;
• gérer les éventuelles difficultés pédagogiques ou organisationnelles ;
• répondre aux sollicitations des parents en cas de dysfonctionnement.
Cette charge supplémentaire s’ajoute à des missions déjà considérablement alourdies ces dernières années. À ce jour, aucune compensation significative, aucun allègement de service et aucun moyen supplémentaire n’ont été annoncés. Il n’y a aucune marge pour affecter des compléments de décharge dans le département pour la rentrée 2026-2027.
Nos revendications
Nous demandons :
• l’ouverture d’un dialogue avec les représentants des personnels ;
• la révision des décisions de non-renouvellement concernant les 53 enseignants contractuels du département notamment pour les collègues qui finissent actuellement leur sixième année de CDD. Ces derniers doivent être cdiser comme le permet le cadre réglementaire.
• des garanties pour que ces contractuels n’aient pas plus de quatre mois d’interruption de service ce qui remettrait en cause leur ancienneté et donc leur CDIsation
• des garanties sur les capacités de remplacement à la rentrée 2026 ;
• des moyens spécifiques pour les directrices et directeurs d’école amenés à accueillir plusieurs stagiaires ;
Derrière ces 53 courriers recommandés se trouvent 53 personnes, 53 familles, 53 parcours professionnels, 53 collègues investis auprès des élèves, 53 personnes qui ont répondu présentes lorsque l’institution avait besoin d’elles.
Marina Idier, secrétaire départementale du SNUDI FO 24
Retrouvez notre communiqué de presse en fichier PDF
N’hésitez pas à diffuser ce document à vos collègues, dans vos écoles ou par mail.
