Photographie du logiciel ADESCO

      Les Conseillers Principaux d’Éducation de Dordogne vivent une année particulièrement difficile. La mise en place du logiciel ADESCO le 8 septembre 2025 a significativement alourdit leurs missions. Cela se rajoute à des difficultés déjà bien connues en lien avec les problématiques d’orientation et d’inclusion d’élèves souvent en grande détresse psychosociale. 

     Nos adhérents CPE en Dordogne nous ont fait remonter leurs difficultés pour dénoncer leurs conditions de travail. Vous trouverez ici quelques informations sur l’état du ressenti des collègues. 

Le nouveau logiciel ADESCO : une plaie !

     Le respect de l’obligation d’assiduité reste la condition première de la réussite scolaire. Le suivi de cette obligation d’assiduité est de la responsabilité du directeur d’école et du chef d’établissement. Depuis cette année, les collègues CPE doivent utiliser l’application ADESCO qui est accessible par le portail ARENA. Dans le premier et le second degré, les établissements scolaires sont censés ouvrir un dossier dès 4 demi-journées d’absence, avec notifications par mail pour suivre les évolutions. ADESCO remplace l’ancien COURABS, ce qui devait faciliter le contrôle de l’assiduité. Le nouveau logiciel est en fait pire que l’ancien.

     Concernant le nouveau logiciel ADESCO l’ergonomie est ratée. C’était censé faire gagner du temps aux collègues mais ce n’est pas le cas. Il y a beaucoup de comptes-rendus à rentrer pour savoir ce qu’on a mis en place avant la saisine. Au lycée professionnel Pablo Picasso, 242 élèves rentrent dans les critères de l’absentéisme. Le seuil est bien trop bas. Nous incitons les collègues CPE a ne déclarer que les cas les plus graves, surtout quand on sait sur quoi cela débouche…

Des difficultés importantes au sujet des orientations ratées des élèves

     A l’origine du décrochage scolaire il y a un véritable problème d’orientation des élèves en fin de collège. Au lycée, et a fortiori en lycée professionnel, on observe un problème d’orientation des élèves. Ces derniers subissent complétement leur orientation en fin de troisième que ce soit du fait d’un manque de suivi à la maison, d’un manque de confiance en eux ou par simple dépit. Cette année encore, on entend trop ce style de phrase : « En gestion j’ai 22 élèves qui sont mal orientés, soit presque la totalité de la classe. »   

     Ainsi, les collègues CPE passent leur temps à organiser des immersions dans d’autres filières, à proposer des réorientations lorsqu’il reste de la place, etc. Et c’est la même chose en lycée général, notamment en première, lorsque les chefs d’établissement acceptent les changements massifs de spécialités en cours d’année de Première générale. La surcharge de travail est colossale.

Les difficultés croissantes liées à l’inclusion systématique

     Le profil de certains élèves est assez inquiétant avec des vrais soucis de santé mentale. Les collègues nous disent avoir récupéré – sous couvert d’école inclusive – pas mal de gamins qui devraient être en ESMS (Établissements sociaux et médico sociaux). Il n’y a évidemment aucun moyen supplémentaire pour suivre ces élèves. Les collègues présents sont exténués, usés par un fonctionnement complétement défaillant. De plus en plus de chefs d’établissement ont peur d’accepter des projets pédagogiques, sans compter que la dotation est souvent insuffisante. C’est cette situation qui est à l’origine de la crainte de certains chefs d’établissement de laisser les enseignants organiser des sorties ou des voyages scolaires. Cela crée des conflits de plus en plus généralisés dans l’ensemble du département de la Dordogne. 

     Surtout, les collègues se sentent démunis face à des suivis qui ne peuvent pas s’effectuer et des structures qui ne peuvent plus accueillir faute de place, style ITEP. Ils nous confient devoir faire face à des élèves qui devraient être en structure spécialisée, à des élèves qui sont en grande difficultés, qui peuvent se mettre en danger et mettre en danger d’autres élèves. Ils sont contraints de les exclure lors d’un conseil de discipline et ainsi déplacer le problème sans rien résoudre. 

Manque de moyens et essoufflement des équipes

     A l’origine de la plupart des problèmes, un manque de moyens et des injonctions chronophages qui se multiplient. Comment imaginer que certains collèges ruraux, éloignés des ESMS, n’aient même pas de poste de CPE ? C’est le cas de plusieurs établissements de Dordogne comme à La Coquille. 

     On observe également un turn-over constant au sein des vies scolaires. Les AED sont considérés comme jetables, et de plus en plus de collègues CPE titulaires demandent leur mutation, espérant que l’herbe soit plus verte ailleurs. Aujourd’hui, en Dordogne, de nombreux CPE sont contractuels, non protégés par le statut alors même que leurs missions les exposent de plus en plus à des risques divers. Certains collègues tentent par tous les moyens de basculer en professeur documentaliste devant la dureté du métier de CPE, quitte à changer d’académie et donc à rompre leur CDI. Les titulaires encore en poste sont clairement fatigués par la surcharge de travail qui ne cesse d’augmenter et qui les met en danger. La mission de CPE est de plus en plus difficile, tant les collègues sont surchargés de travail. Ils sont de plus en plus seuls pour assumer une quantité toujours plus importante de responsabilités.

     Et comme cela ne suffisait pas, des PsyEn – déconsidérés – démissionnent, comme récemment sur Périgueux, alors que ce sont des collègues essentiels notamment pour éviter les orientations totalement ratées. Des DDFPT partent à la retraite sans être remplacés, des RBDE (responsable du bureau des entreprises) souhaitent quitter leurs fonctions en LP, des collègues enseignants témoignent de leur surcharge mentale ; les difficultés s’amoncellent, se généralisent, se diffusent dans tout le département. 

Si vous êtes CPE en Dordogne, nous pouvons vous aider.

Le SNFOLC 24 est un syndicat du second degré qui défend les personnels dont les AED de Dordogne.

Pour nous contacter vous pouvez :

  • Envoyer un mail au snfolc24@yahoo.fr
  • Téléphoner au 06 30 71 25 49 ou au 07 88 95 31 19